Nous étions présents au Bar Camp sur la transformation numérique organisé par la région Bretagne les 14 et 15 juin à Rennes. Stéphane Le Lionnais est intervenu lors de la table ronde « Data, économie et innovation ». Nombreux sont les secteurs concernés par la transformation numérique, mais la question centrale reste « comment mettre en place une data-gouvernance ? ». Voici un résumé des échanges: Bonne lecture !

 

Transformation numérique, où en sommes-nous ?

Il est difficile de connaitre réellement le niveau de maturité des entreprises, confiait Ghislain de Pierrefeu, associé du cabinet de conseil Wavestone, en charge de l’IA et de la valorisation de la donnée. Des réglementations sectorielles, tels les textes régissant le secteur bancaire français, ont effectivement amené depuis plusieurs années différents secteurs dans la gouvernance de leur donnée : secteur bancaire, assurances notamment… Il existe des déclencheurs à cette prise de conscience: conformité RGPD, réglementation sectorielle, etc… La mise en conformité du règlement européen sur les données personnelles (RGPD) impacte toute organisation quel que soit le secteur ou la taille.

Dans les data lakes (ou lac de données), les données sont stockées sous n’importe quel format et sans limite de quantité; ce qui conduit à de nombreux problèmes et empêche d’extraire de la véritable valeur des données. Une telle quantité de données doit être exploitée de manière réfléchie. Les cas d’usages sont encore trop souvent identifiés après la mise en place de projet Big data. Il s’agit cependant de mettre la donnée au service de la performance et non l’inverse.

La révolution digitale, la pression sur l’innovation et la réduction du time-to-market obligent tous les secteurs d’activité à transformer leurs SI. Afin d’accélérer les projets, des environnements intégrés (les datalabs) avec de nouvelles méthodes de travail et un dialogue entre métiers permettent rapidement d’imaginer de nouvelles sources de création de valeur pour les entreprises et organisations.

 

Qu’en-est-il pour les données du secteur de l’énergie ?

La mise à disposition des données d’énergie a été rendue possible grâce à la loi de transition énergétique pour une croissance verte (LTECV), qui a positionné les territoires au cœur de l’action. Maximilien Le Menn, chargé de mission planification énergétique et smart grids, à la Région Bretagne rappelait à juste titre que la connaissance des données locales énergie est donc un des maillons importants de la transition énergétique qui est aussi une transition numérique. Avec l’arrivée des Smart grids, et en particulier avec le déploiement des projets de compteurs intelligents, se pose désormais la problématique suivante : Comment collecter, traiter et analyser l’amas de données pour mieux s’adapter aux facteurs externes (météo, comportement, transport, …) ?

La grande volumétrie des informations rend les solutions classiques limitées et inadaptées. La plateforme régionale d’innovation pour les données d’énergie « PRIDE » est un projet “transverse” de SMILE qui comporte plusieurs projets de déploiement de solutions intelligentes productrices ou utilisatrices d’énergie (électrique, gazière, chaleur, eau). Son objectif réside dans la définition des contours fonctionnels et la mise en œuvre d’une plateforme de collecte, de traitement et de visualisation des données énergétiques d’origines très diverses sur les Régions Bretagne et Pays de la Loire. Véritable cas d’école d’une transformation numérique d’un territoire, ce projet a permis de:

  • Mettre en place d’un service public régional de la donnée énergie : collecte de données
  • Réunir l’ensemble des gestionnaires de réseaux d’électricité et de gaz
  • Développer un laboratoire de réflexion sur la gouvernance des données et sur le modèle administratif de la plateforme (statut juridique, encadrement des services, utilisation et évolution)

Le projet d’expérimentation PRIDE n’a qu’une seule année d’existence et son objectif à 3 ans est de construire et mettre en place une plateforme big data de données ouvertes répondant aux enjeux smart grid des régions. Même si l’enjeu de la plateforme, réside dans des fonctionnalités de stockage et traitements des jeux de données ; celle-ci doit respecter également certains points pour une meilleure réutilisation des données :

  • Réplicabilité de la plateforme et des bonnes pratiques
  • Intégration des contraintes d’interopérabilité
  • Sécurité et vie privée
  • Intégration des facilitateurs logiciels et des outils opérationnels

 

Pourquoi faut-il avoir une vision du patrimoine de données et pourquoi est-ce si difficile ?

On parle des données comme des matières premières, comme levier d’innovation ou comme actifs stratégiques selon Stéphane Le Lionnais, Responsable commercial, Dawizz. Mais concrètement, comment fait-on pour avoir connaissance du patrimoine de données ? Une cartographie des données est effectivement la première étape incontournable pour répondre à cette problématique: « Sommes-nous assis sur une mine d’or ou un champ de mines. » Actuellement, cette connaissance est malheureusement en silo dans toute organisation. Les directions informatiques connaissent parfaitement leur infrastructure et leur référentiel applications mais peu ou pas la typologie des données traitées en interne, seules les différentes directions métiers peuvent aider à la compréhension du patrimoine de données.

La maturité des secteurs en terme de transformation numérique est généralement proportionnelle à l’intérêt que portent les organisations (publiques ou privées) à :

  • la connaissance et l’expérience client ou relation citoyenne
  • l’optimisation, la réduction des coûts de production
  • la sécurisation, la protection des données sensibles

Aussi, jusqu’ici, on retrouvait une stratégie data principalement dans les secteurs bancaires, finance, télécommunication et santé puis dans les industries, l’agroalimentaire et l’immobilier. Cependant, de nouvelles réglementations (RGPD, NIS, …) incitent de plus en plus d’organisations de toute taille dans la gouvernance de leur donnée ; ce qui réduit désormais la différence de maturité des secteurs d’activité. Ce qui est vraiment intéressant avec la réglementation RGPD c’est:

  • Le Buzz actuel permet une véritable prise de conscience par chacun (aussi bien le grand public que les administrations ou les entreprises) sur l’importance des données et leur potentiel de réutilisation. Le droit de l’individu de décider de la communication et de l’utilisation de ses données est largement diffuser et relayer actuellement par différents réseaux.
  • La méthodologie de mise en conformité RGPD établie par les autorités de contrôle dont la CNIL en France, permet d’avoir un cadre de référence avec les étapes clés pour une gouvernance des données.

Si on fait le parallèle avec la démarche open-data, malgré la date limite d’octobre 2018 pour la mise en application de la loi numérique (les administrations de plus de 49 agents sont tenues de mettre en ligne, en Open Data, leurs principaux documents), cette démarche d’ouverture des données est largement méconnue par le grand public. De plus, n’ayant pas de méthodologie labellisée par une autorité étatique, les organisations peuvent se sentir isolées ; ceci malgré l’accompagnement que peut désormais apporter l’association Opendatafrance.

 

L’évolution de la donnée géographique : qu’est-ce qui change ?

Trois quart des données peuvent être représentées sur une carte nous apprenait Boris Mericskay, co-responsable du Master SIGAT, Université Rennes 2. Non réservées aux spécialistes, leurs accessibilité et usages se démocratisent au rythme du développement de l’Internet (cartes interactives, globes virtuels, GPS, services mobiles géolocalisés, etc.). La cartographie 2.0 contribue à transformer radicalement les approches de la cartographie et plus globalement le rôle, le statut de la carte ; et à produire des connaissances hybrides sur les territoires. La déclinaison grand public des SIG sur le Web est en mesure d’encourager l’implication des citoyens dans la gestion et la planification territoriale.

Il n’existe pas de profil type d’entreprises qui sollicitent les étudiants du master géomatique SIGAT. La maîtrise des étudiants des outils et méthodes géomatiques appliqués à l’analyse et à l’aménagement des territoires intéresse aussi bien des collectivités territoriales que des entreprises privées. En effet, l’approche de marketing territorial intéresse également des entreprises comme Mac Donald’s dans l’implantation de leur restaurant.

 

Vous l’aurez compris, une table ronde riche en échange avec les intervenants et le public de la salle. Merci à la région Bretagne pour ces deux jours intenses. La transformation numérique est en marche, la suite lors de la prochaine édition !

 

Suggestion de lecture

webinar Dawizz

Comment une DSI peut faciliter la mise en conformité RGPD grâce à la cartographie de données ?

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